Combien Coûte Vraiment une Carte SIM ?

· · 5 min de lecture

Une boutique de réparation de téléphones dans une rue passante, des gens marchant devant la vitrine.
Le prix affiché en vitrine est rarement celui que tu paies : l’activation, une recharge minimale et un passeport scanné en font presque toujours partie.

La carte, en elle-même, est presque toujours gratuite ou peu s’en faut. Les opérateurs la donnent avec un forfait, facturent trois fois rien pour la remplacer et préfèrent nettement que tu en aies une. Si un vendeur t’annonce une somme sérieuse pour une carte SIM seule, ce prix est en réalité celui du forfait vendu avec.

La question utile n’est donc pas ce que coûte une carte SIM, mais ce que coûtent des données qui fonctionnent dans un autre pays. Il existe trois façons de les acheter, et d’un bout à l’autre l’écart approche un facteur dix.

Les trois façons de se connecter

Des fourchettes plutôt que des prix, car les tarifs varient d’un marché à l’autre et changent sans arrêt. L’ordre, lui, ne bouge pas :

  • L’itinérance de ton propre opérateur, sous forme de forfait journalier ou d’un tarif au MB. C’est le plus simple, il n’y a rien à configurer, et c’est régulièrement le prix le plus élevé au GB.
  • Une SIM prépayée locale achetée à l’arrivée. En général la moins chère au GB, en échange d’une file d’attente, d’une pièce d’identité à présenter dans beaucoup de pays, et de ton propre numéro que tu perds tant qu’elle occupe le tiroir SIM.
  • Une eSIM de voyage achetée avant de partir. Des tarifs proches du local, aucune file d’attente, et comme un iPhone récent gère deux lignes à la fois, tout comme les téléphones Android récents, ton numéro habituel continue de fonctionner à côté.

L’écart qui compte est celui qui sépare la première option des deux autres. Il atteint couramment un facteur cinq, souvent davantage, et c’est bien pour cela que la question mérite deux minutes avant un voyage.

Là où la carte SIM locale reste le bon choix

Cela arrive souvent, et prétendre le contraire serait malhonnête :

  1. Les longs séjours. Au-delà de quelques semaines, les tarifs prépayés locaux sont difficiles à battre, et un numéro local peut de toute façon te servir.
  2. Les marchés où les données domestiques sont anormalement bon marché : la carte locale y coûte moins cher que tout le reste.
  3. Un téléphone qui ne peut pas accueillir d’eSIM, ni EID, ni profil possible : le choix se réduit alors à celle-ci ou à un routeur Wi-Fi de poche en location.
Le hall d’un terminal d’aéroport très fréquenté, sous les panneaux des départs et des arrivées.
Le seul endroit où la SIM locale perd à coup sûr. Les comptoirs y facturent des gens qui viennent d’atterrir et n’ont pas le choix, alors que le même opérateur est moins cher en ville.

Forfaits à comparer

Prix en direct chez les fournisseurs que nous suivons. Emplacements sponsorisés. Nous le disons parce qu’ils le sont.

Ce que le prix affiché ne dit pas

Une carte SIM locale traîne derrière elle des contraintes bien réelles, et ton propre temps mérite d’être compté honnêtement :

  • L’enregistrement. Beaucoup de pays exigent une pièce d’identité pour activer une SIM prépayée, ce qui transforme un achat en file d’attente et en paperasse.
  • Ton propre numéro devient muet tant que la carte locale occupe le tiroir SIM, sauf si le téléphone gère deux lignes.
  • Le crédit non consommé, qui ne te revient pratiquement jamais.
  • Le temps passé le jour de l’arrivée, celui dont tu disposes le moins.

Ce que ton opérateur te facture en réalité

L’itinérance n’est pas facturée au coût. Ton opérateur achète en gros à l’opérateur local, puis fixe lui-même le prix de détail : c’est pourquoi le même voyage ne coûte rien sur un contrat et cher sur un autre. Le gouvernement britannique en tire la conséquence noir sur blanc : depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’itinérance sans surcoût en Europe n’est plus garantie, et le plafond légal de 45 £ sur les données consommées à l’étranger a disparu avec elle. Beaucoup d’opérateurs l’ont gardé de leur plein gré, ce qui n’équivaut pas à en avoir un par défaut. D’où l’intérêt de vérifier les protections dont tu disposes déjà, plafond de dépenses compris, avant même d’acheter quoi que ce soit.

Certains voyageurs sont couverts sans le savoir : une ligne émise dans l’Union européenne et qui voyage à l’intérieur de celle-ci y emporte son volume national et n’a rien à acheter. La règle vaut désormais aussi pour l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Moldavie et l’Ukraine, et laisse toujours de côté la Suisse et le Royaume-Uni.

Comparer sur la seule base qui vaille

Divise par le nombre de GB. Un forfait journalier paraît modeste et un forfait de 10 GB paraît généreux, jusqu’à ce que tu calcules combien chacun revient au GB sur la durée réelle de ton séjour : c’est ce chiffre qui sert à notre classement. Les forfaits par destination, et les règles de classement en détail.

Questions fréquentes

Combien coûte une carte SIM ?
La carte elle-même est en général gratuite, ou facturée trois fois rien. Tout prix sérieux qu’on t’annonce est celui du forfait qui l’accompagne, pas celui du morceau de plastique.
Une SIM locale revient-elle moins cher qu’une eSIM de voyage ?
Souvent un peu, surtout sur un long séjour. En échange, il faut compter une file d’attente, un enregistrement avec pièce d’identité dans beaucoup de pays, et ton propre numéro hors service tant que la carte est dans le tiroir SIM.
Faut-il acheter sa carte SIM à l’aéroport ?
Rarement. Les comptoirs des aéroports fixent leurs prix pour des voyageurs sans alternative ; le même opérateur est en général moins cher dans une boutique en ville ou dans un supermarché.
Pourquoi l’itinérance coûte-t-elle tellement plus cher qu’un forfait local ?
Parce que son prix est fixé par ton opérateur et non par son coût. Il achète en gros à l’opérateur local et décide seul du montant qu’il te facture au détail.

Et maintenant, quel forfait ?

Comparer par destination

À lire ensuite

Des guides qui prennent la suite de celui-ci.